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Voici le lien vers un site consacré à Pieter Bruegel, le peintre du tableau (La chute d’Icare) que nous étudions.

Ce site ne parle que de notre peintre. Il propose une biographie complète ainsi que des photos de tableaux, gravures et dessins attribués à Bruegel (ou à ses élèves).

La chute d’Icare est présenté. J’ai également remarqué la présence d’un dessin nommé La rivière et Icare, qu’il est intéressant de comparer avec le tableau.

Cependant, ce site manque d’informations plus détaillées sur les oeuvres. Par exemple, il n’y a aucune légende. Il nous servira donc uniquement de base de données en ce qui concerne Pieter Bruegel.

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Ce site est un autre site uniquement consacré à Pieter Bruegel l’Ancien. Peut-être plus sérieux que le précédent site/blog, il nous présente également une biographie du peintre mais aussi les images de ses oeuvres, avec pour chacune un cartel complet.

Les tableaux sont répartis en catégories (Scènes religieuses / Scènes de la vie quotidiennes / Mythes et réflexions philosophiques) et on remarque aussi que l’auteur du site propose une bibliographie, certes succinte et des liens vers d’autres sites sur le même sujet.

Parmi ces liens, nous avons d’ailleurs trouvé un site intéressant sur le plan de l’analyse du tableau, dont nous parlerons un peu plus tard.

Nous avons trouvé un autre (et dernier) site important consacré à Pieter Bruegel.

Pieter-Bruegel.com est particulièrement bien construit et fourni en informations concernant notre peintre, son histoire, et ses tableaux.

Nous l’avons trouvé très professionnel et construit de manière ludique. En effet, en plus d’une bio et d’un historique, le webmaster a fait en sorte de répartir les oeuvres dans des « salles », comme si il s’agissait d’un véritable musée consacré à Bruegel. A ce propos, il présente également les musées où sont conservées les oeuvres du peintre flamand.

Si il ne fallait choisir qu’un site consacré à Pieter Bruegel l’Ancien, nous choisirions celui-ci.

            Différents auteurs classiques ont raconté le moment où Dédale et Icare tentent de s’échapper de l’île de Minos: la Crête. Pour se faire, Dédale fabrique des ailes qu’il colle avec de la cire. Il avertit donc son fils de ne voler ni trop près du soleil pour ne pas que la cire fonde, ni trop près de la mer pour ne pas que les ailes soient mouillées. Mais Icare vole trop près du soleil et tombe dans la mer qui porte aujourd’hui son nom.

Voici les extraits littéraires:

           « En même temps, il enseigne à son fils cet art qu’il vient d’inventer : « Icare, lui dit-il, je t’exhorte à prendre le milieu des airs. Si tu descends trop bas, la vapeur de l’onde appesantira tes ailes; si tu voles trop haut, le soleil fondra la cire qui les retient. Évite dans ta course ces deux dangers. Garde-toi de trop approcher de Bootès, et du char de l’Ourse, et de l’étoile d’Orion. Imite-moi, et suis la route que je vais parcourir ». Il lui donne encore d’autres conseils. Il attache à ses épaules les ailes qu’il a faites pour lui; et dans ce moment les joues du vieillard sont mouillées de larmes; il sent trembler ses mains paternelles; il embrasse son fils, hélas ! pour la dernière fois: et bientôt s’élevant dans les airs, inquiet et frémissant, il vole devant lui. Telle une tendre mère instruit l’oiseau novice encore, le fait sortir de son nid, essaie et dirige son premier essor. Dédale exhorte Icare à le suivre; il lui montre l’usage de son art périlleux; il agite ses ailes, se détourne, et regarde les ailes de son fils.

               Le pêcheur qui surprend le poisson au fer de sa ligne tremblante, le berger appuyé sur sa houlette, et le laboureur sur sa charrue, en voyant des mortels voler au-dessus de leurs têtes, s’étonnent d’un tel prodige, et les prennent pour des dieux. Déjà ils avaient laissé à gauche Samos, consacrée à Junon; derrière eux étaient Délos et Paros. Ils se trouvaient à la droite de Lébynthos et de Calymné, en miel si fertile, lorsque le jeune Icare, devenu trop imprudent dans ce vol qui plaît à son audace, veut s’élever jusqu’au cieux, abandonne son guide, et prend plus haut son essor. Les feux du soleil amollissent la cire de ses ailes; elle fond dans les airs; il agite, mais en vain, ses bras, qui, dépouillés du plumage propice, ne le soutiennent plus. Pâle et tremblant, il appelle son père, et tombe dans la mer, qui reçoit et conserve son nom. »

         « Quand Minos s’aperçut de la fuite de Thésée et de ses compagnons, il en tint Dédale pour responsable, et il l’enferma dans le labyrinthe avec son fils Icare, que Dédale avait eu de Naucraté, une esclave de Minos. Alors Dédale construisit des ailes, et les attacha sur son propre dos et sur celui de son jeune fils, en lui recommandant de ne pas voler trop haut, afin que les rayons du soleil ne fassent pas fondre la colle qui tenait assemblées les plumes, ni non plus trop près de la mer, afin que l’humidité n’alourdisse pas les ailes.

           Mais Icare, emporté par l’enthousiasme, oublia les recommandations de son père, et vola toujours plus haut. La colle fondit alors, et le garçon tomba dans cette portion de mer qui, à partir de son nom, s’appela ensuite Icarios, et il mourut. Dédale, par contre, se sauva, et il parvint à arriver à Camicos, en Sicile. »

          « En effet, lorsqu’il s’enfuit de l’île de Crète, il fabriqua pour Icare son fils et pour lui, deux petits navires ; il imagina, chose inconnue jusqu’alors, d’y ajouter des voiles pour échapper à l’aide d’un vent favorable, aux vaisseaux à rames de Minos. Il parvint effectivement à se sauver ;  mais on dit qu’Icare, n’ayant pas su gouverner son bâtiment, fut submergé ; les flots portèrent son corps dans une île au-dessus de Samos, qui n’avait point encore de nom ; Hercule ayant trouvé par hasard son cadavre, le reconnut et lui donna la sépulture. L’on voit encore maintenant son tombeau, c’est un tertre peu élevé sur le promontoire qui s’avance dans la mer Égée. L’île et la mer qui l’entourent ont pris leur nom de cet Icare. »

          Nous allons nous intéresser au  contexte général de cette oeuvre de Pieter Bruegel l’Ancien, peinte en 1565. Tout d’abord d’un point de vue historique  et ensuite au niveau du contexte personnel de création de l’artiste.

           D’une manière générale, l’Europe est infectée des antagonisme religieux (Calvin, Luther, Contre-Réforme de la Compagnie de Jésus). Cependant le commerce est florissant à Anvers et dans les pays du nord, sans que d’ailleurs les disparités sociales ne disparaissent. Famine, misère, épidémies n’étaient pas rares et touchaient le plus grand nombre. A ne pas douter que ses contemprains sollicitèrent l’âme sensible du peintre qui trouva matière à exploiter son sens aigu de l’observation et à développer sa réflexion sur la précarité de l’existence

             Au milieu XVème siècle c’est la fin des conflits opposant Charles Quint (qui abdiquera pour laisser les Pays-bas à son fils Philippe II), François 1er et les princes allemands réformateurs avec la paix d’Augsbourg, et se révèlent des figures majeures de la littérature, de la création ou de la science : Rabelais (Gargantua), Erasme (Eloge de la Folie),Copernic, Ambroise Paré…

             En 1552, l’artiste fit un voyage en Italie, allant jusqu’à Rome où il est possible qu’il ait travaillé avec le miniaturiste Giulio Clovio. Le Port de Naples, le décor de La Chute d’Icare et du Suicide de Saül ainsi que quelques dessins témoignent de son séjour. Entre 1555 et 1563, Bruegel  s’établit à Anvers et travaille pour l’éditeur Jérôme Cock, réalisant des dessins préliminaires pour des séries d’estampes. A partir de 1559, il simplifie son patronyme, signant ses œuvres Bruegel au lieu de Brueghel. À Anvers, il fréquente un cercle d’artistes et d’érudits humanistes notamment le mécène Nicolas Jonghelinck qui possédait seize de ses œuvres. . Mais sa vie sociale déborde largement de ce milieu intellectuel. Il fréquente volontiers les noces paysannes auxquelles il se fait inviter comme « parent ou compatriote » des époux.

             D’un point de vue personnel,  cette oeuvre occupe une place particulière dans l’oeuvre de Bruegel. En effet, c’est la seule qui emprunte son sujet à la mythologie. De plus, l’artsite peint le plus souvent l’entourage paysan qui était le sien: jeux d’enfants, danse villageoise, repas de noces,…Ces exemples montre immédiatement combien la source d’inspiration de Bruegel s’éloigne de la tradition italienne de l’époque, celle de Raphaël, centrée sur l’idéal, la personnalité individuelle, le somptueux..

Un site utile et ludique, celui des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique. Ce site regroupant le catalogue des Musées de Bruxelles nous a bien guidé dans nos démarches concernant La Chute d’Icare de Bruegel.  La plate-forme nous offre une présentation des collections du musée des Beaux-Arts, on accède alors aux peintures du XVIIème et XVIIIème.  Ainsi, un cartel complet de l’oeuvre de Bruegel nous est indiquée. On y trouve ses dimensions, sa date, sa composition ou son lieu de conservation. De même des termes clés de l’iconographie nous sont énumérés afin de nous reconduire vers d’autres oeuvres en relation avec les thèmes iconographiques. Ce qui nous a réellement aidé, ce sont les explications de scènes et les sources littéraires qui ont permis l’inspiration du peintre. Par ailleurs, les caractéristiques techniques de l’oeuvre sont présentées. On nous parle de l’art primitif allemand, l’oeuvres est située dans son contexte et les caractéristiques artistiques de l’oeuvre nous sont expliquées. Cette présentation brève mais complète de l’oeuvre nous fait penser à la base Atlas du Musée du Louvre qui nous guide tout aussi bien! Base Atlas du Louvre

Surtout, le site des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique nous a permis une approche nettement plus précise et réelle de l’oeuvre. Plusieurs zooms numériques de la toile nous ont permis de percevoir certains détails essentiels à l’oeuvre, détails qui justifient le titre même de la toile. Notons par exemple le corps d’Icare qui tombe dans l’eau Egéenne. Détail de la chute d’Icare dans la mer.

Pour un premier aperçu de l’oeuvre et de son contexte, ce site nous guide de manière exemplaire pour une meilleure analyse et observation de l’oeuvre. Tout est clair, concis et précis à la fois. Une bibliographie riche nous permet un approfondissement réel de l’oeuvre étudiée. C’est l’un des rares sites de musée à nous présenter aussi efficacement une oeuvre. La présentation est accessible à tous, amateurs comme experts…

J’ai trouvé cet article sur le site du Musée Critique de la Sorbonne (Mucri peinture). Il s’agit d’une analyse de notre tableau par Déborah Heissler.

Lorsque l’on entre dans le site du Musée Critique, on arrive tout de suite sur un courte présentation du site et de ses enjeux. Associé à l’UFR  arts et science de l’art de Paris 1, Sorbonne (Mucri) consiste en un regroupement d’analyses d’oeuvres. Cependant il reste un peu particulier, comme le montre le mot d’ordre: « Peut y écrire qui veut » ( à condition d’être passé par le comité de rédaction). Tout le monde peut donc participer et sur l’oeuvre plastique et visuelle de son choix.

 » Le Mucri postule qu’une oeuvre de l’esprit, comme tout ensemble signifiant, est redevable d’une lecture, d’une médiation, d’une interprétation. »

La recherche est assez simple, par mot-clé ou bien par le biais de la page « tableaux », mais on ne peut donc pas être absolument sûr de trouver une analyse de l’oeuvre souhaitée ni d’être intéressé par le contenu de l’analyse.

Dans le cas de notre Chute d’Icare par Bruegel, la recherche fût fructuante, même si certains éléments de l’analyse sont à mettre de côté.

En faisant des recherches sur Déborah Heissler, j’ai appris qu’elle était avant tout écrivain poète et enseignante de français dans des universités étrangères. Son domaine est plus celui de la littérature que de la peinture et cela se remarque dans son commentaire d’oeuvre, dés la première phrase: « On entre dans le tableau comme il est possible d’entrer en récit, de pénétrer la diégèse par le biais du regard et de la focalisation […] ».

Son travail permet une approche plus linéaire que picturale, plus littéraire et même philosophique du tableau. On retiendra plus particulièrement ses remarques sur le rapport entre « la chute » de l’ arrière plan et les personnages en activité du premier plan, et cette réflexion: « C’est autour du silence que le tableau trouve sa stabilité : l’énergie de l’évocation multipliant les figures d’opposition, en commençant par l’apparition […] du corps chu auquel personne ne prête attention ».